1. Les sanglots longs

  2. Des violons

  3. De l'automne

  4. Blessent mon coeur

  5. D'une langueur

  6. Monotone.

  7. Tout suffocant

  8. Et blême, quand

  9. Sonne l'heure,

  10. Je me souviens

  11. Des jours anciens

  12. Et je pleure;

  13. Et je m'en vais

  14. Au vent mauvais

  15. Qui m'emporte

  16. Deçà, delà

  17. Pareil à la

  18. Feuille morte.

 

La poésie s’ouvre sur une métaphore (les sanglots - qui oriente immédiatement le texte vers une sonorité triste) qui joue sur des allitérations. Le poète sente, dans un espace ouvert, les sanglots des violon.Il présent la nature telle que la musique des violons; il est dans une nature indéfinie.

 La rime «automne», «monotone», qui apparaît chez Baudelaire (dans chant d'automne), souligne la caractéristique de cette strophe.

 

Dans la seconde strophe le poète déplace son attention du tableau de la nature, à lui-même, à son âme. Ses états d’âme correspondent à la nature de la première strophe. Les réactions décrites sont proches de l'asphyxie («suffocant», «blême»).

Le poète est dans sa chambre, il est étouffé, blessé quand il sent le clocher qui batte les heures, il se souvient de sa jeunesse, la saison de sa vie regretté.

 Le poète fait allusion au passé et ici il y  le thème romantique de la fuite du temps et le souvenir de sa jeunesse.

 

Dans la troisième strophe il recommence son chemin et il se laisse aller au vent mauvais qui le pousse comme une feuille morte.

L'absence de remède et de forces conduisent le poète à une passivité qu'exprime bien la comparaison avec la feuille livrée au vent.
L'allusion au vent (qui est un métaphore de la mort) rappelle l'automne et annonce la comparaison avec la feuille. Celle-ci souligne bien la passivité physique et la faiblesse morale d'un être qui se laisse aller et subit toutes les influences et qui s'abandonne avec passivité à son destin.

 
         
 

Thème:

Le thème dominante est l'automne et la sensation de tristesse qui l'accompagne. Comme tant d'écrivains et de poètes du XVIIIe siècle Verlaine s'est laissé inspirer par le charme mélancolique de l'automne et traduit les sensations et la souffrance que provoque en lui l’automne.

Mais il traite ce thème, à sa manière musicale et harmonieuse tout en nuance et en accent léger et compose une chanson d'une extraordinaire nouveauté par sa facture métrique et syntaxique.

La douceur des sonorités, la fluidité d'un rythme varié, n'exclut cependant ni les regrets, ni la souffrance physique et morale ni la conscience d'une errance douloureuse et passive.
Liées par le thème de la souffrance et de l'errance les 3 strophes ont cependant une autonomie :
- La première évoque explicitement l'automne à travers une correspondance entre une sonorité et une douleur.
- La deuxième souligne la tentation de la mémoire et des souvenirs comme remèdes à la fuite du temps.
- La troisième conclut sur l'impuissance du poète dont la destinée est aussi fragile que celle des feuilles automnales.